Accueil flèche Nouvelles flèche Chronique: Mon coeur en images, Par Nathalie Corbeil
Leadership féminin
En savoir plus
Formations
Voir les formations
Balados
Voir les balados

Chronique: Mon coeur en images, Par Nathalie Corbeil

Le lundi 12 janvier 2015

Un autre beau texte de Nathalie Corbeil, celle qui a trouvé le chemin de l'équilibre et du bonheur par le biais de sa créativité. Depuis que la photographie est entrée dans sa vie, il y a plus de couleur et de gaieté. Aussi, cette fois, elle nous parle des vertus du moment présent. Et de l'amour. Parce que créer, c'est aussi un façon d'aimer. À toi la parole Nathalie.

À la rencontre de l’autre



Même si je travaille à la même école depuis plusieurs années, je ne distingue pas les voitures de mes collègues les unes des autres.  Je me trompe de maison lorsque je vais reconduire mes filles chez des amis.  Je n’ai aucun souvenir des vêtements portés par ceux que je côtoie tous les jours. Bref, je ne fais pas attention aux détails, bénins parfois, importants d’autres fois. 

Embarrassée à plus d’une reprise, je constate que la photographie me transporte de plus en plus souvent dans un univers qui me permet d’être plus attentionnée et présente à l’autre et pour l’autre. 

Lorsqu’entourée, je me surprends à observer cet œil vif qui cligne, ce petit nez qui retrousse en racontant une blague, ce long cou fou d’élégance, ces fabuleux doigts de pianiste, cette façon de croquer une pomme ou de jouer au scrabble.  Je remarque aussi ces cernes, ce dos vouté, cette démarche pesante, ce regard inquiet, ces yeux rougis, cette façon de signifier son mécontentement ou de pointer du doigt.

En classe, mes yeux se posent sur ce nouveau collier Hello Kitty, ce vernis rose posé sur de petits ongles  pour la première fois, sur l’ondulation magnifique de ces cheveux noir jais.  Mon regard s’attarde également sur ces multiples lacets détachés, ces ongles sales et rongés, ces cheveux gras, ces chandails tachés et ces pantalons trop courts.  Il y a aussi la façon dont coule cette larme et ce mucus (!) ou cette moustache de lait qui semble séchée depuis la veille.  Je remarque, maintenant. Oh, pas toujours bien sûr. Mon cerveau, toujours trop plein de tout et de rien, a besoin de fermer boutique trop souvent. Mais je prends plaisir à regarder, tout. Et pour chacune de ces observations, il y a une photo imaginée et prise à la dérobée… 

C’est toutefois lorsque je photographie vraiment que cette attention à l’autre se révèle réellement.  D’abord, le manque d’attention présent dans ma vie courante est alors absent.  Bonheur !  Je me sens bien ancrée dans le moment présent. Il n’y a que la photographie qui m’apporte ce sentiment d’être capable de faire une seule chose à la fois et d’en apprécier toute sa valeur. Et…l’émotion se joint à la séance.  Les enfants vous savez ?  Je me plais à penser que les enfants des autres deviennent les miens pour un moment.  Comme si mon cœur de maman n’en faisait plus la distinction.  Je me sens remplie d’amour pour chacun des enfants avec lesquels j’ai fait des photos.  Non seulement, je leur suis attentive et observatrice de tous les détails cités plus haut, je me surprends également à les aimer comme si je les connaissais et les côtoyais depuis longtemps.  Et ce sentiment ne me quitte plus.  Mon cœur bondit et rebondit à chacun des visionnements de leurs photos comme si le fait d’immortaliser leurs sourires en coin, leurs pleurs, leur timidité ou leurs courses dans les champs m’accordait le droit ou le privilège de les aimer un peu trop, les enfants des autres. 

En fait, je dois beaucoup à ces moments photographiques où je pars à la rencontre de l’autre, de ses habitudes et de ses façons de vivre sa vie.  Non seulement j’y reconnais en moi l’éternelle émotionnelle mais un calme apaisant surgit à chaque fois et j’en ressors habitée d’une énergie positive.  La photographie n’étant pas mon gagne-pain, je dois maintenant trouver une façon d’avoir accès à ces moments de grâce plus souvent…

 

 

 



Retour à la liste des nouvelles


Inscrivez-vous à notre infolettre